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Le point sur la dîme

par Michael, Joseph Bitanga et Juhd Francilette
Préambule par Marco
Témoignages : Marie & Erectous


Préambule : l'argent ne tombe pas du ciel
par Marco

Alors que la très délicate question de la gestion de l'argent par les religions revient régulièrement sur le devant de la scène, il n'est pas autrement étonnant qu'elle figure en lettres dorées sur les pamphlets anti-religieux, et particulièrement anti-mormons. En effet, quoi de plus choquant que d'apprendre que l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours demande à ses membres de consacrer 10% de leur revenu à l'Eglise...

Et pourtant, c'est bien connu : l'argent ne tombe pas du ciel. Celles et ceux qui critiquent les religions et Eglises qui lancent des levées de fonds pour renflouer leurs caisses peinent à proposer des solutions alternatives crédible. Ils critiquent les Eglises qui se donnent les moyens matériels d'exister et ils critiquent encore davantage quand l'Etat intervient pour maintenir à flot les institutions religieuses qui ne se les donnent pas.

Donc à la délicate question de la gestion de l'argent s'ajoute la question de la laïcité : l'Etat est-il sensé aider financièrement un mouvement religieux, combien même celui-ci serait reconnu d'utilité publique ?

A ces questions et constats, l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours ne connaît qu'une seule réponse : la dîme de 10% des biens du "peuple de l'Eglise", qui résout à la fois le problème de la laïcité - puisqu'elle est totalement autonome de l'aide de l'Etat - et se met en même temps à l'abri du besoin, tout en offrant des prestations et des aides que nulle autre Eglise ne peut aujourd'hui offrir en termes de soutien matériel.

Mais spirituel aussi ! Car comme le Seigneur l'a souvent répété, ses commandements ont des portées spirituelles combien même leur application serait temporelle.

Si on a quelque fois reproché à l'Eglise de faire preuve d'opacité dans sa gestion financière, nous désirons aujourd'hui clarifier certains points qui sont obscurs, histoire de couper court au fantasme populaire du "gourou tout-puissant", remplissant ses poches des billets de banques de ses adeptes. Et si l'article de Michael nous offre un éclaircissement scripturaire très important, celui de Joseph Bitanga nous donne des informations précises sur le fonctionnement et l'allocation de cet argent au sein de l'Eglise.

La mention de ces deux contributeurs est pour moi l'occasion de les remercier pour leurs recherches et leur excellent travail, ainsi que pour la précieuse contribution de Juhd Francilette - qui propose quelques réflexions en guise de conclusion. Sans oublier les témoignages au sujet de la dîme proposés par deux membres de l'Eglise, Erectous (pseudonyme utilisé sur le forum de SDJ-Mormons) et Marie. Ces tranches de vie démontrent avec une belle clareté que si la dîme n'est pas toujours le remède miracle aux besoins temporels immédiats, elle nous pousse à vivre une vie plus saine, plus spirituelle, et plus proche des valeurs de l'Evangile. SDJ-Mormons est fier de présenter ce texte qui représente le fruit d'un effort commun, pour que cessent les malentendus et les idées préconçues sur l'utilisation de l'argent au sein de l'Eglise de Jésus-Christ des Saints des Derniers Jours.


La Dîme dans les Ecritures anciennes et modernes


Les références scripturaires dans l'Ancien Testament

La dîme était un principe pratiqué dans l’ancien Israël. Pour mieux comprendre quel en était le fonctionnement, nous devons nous pencher sur l’Ancien Testament.         
Les premières références à ce principe se situent dans la Genèse, premier livre de la Bible. La première de ces mentions est en Genèse 14 :20. Abraham revient de son combat contre les rois ayant assiégé Sodome et capturé Lot. Mélchisédec, roi de Salem, vient alors vers lui pour lui apporter du pain et du vin :

Mélchisédec, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin : il était  sacrificateur du Dieu Très-Haut.
Il bénit Abram, et dit : Béni soit Abram par le Dieu Très-Haut, maître du  ciel et de la terre !
Béni soit le Dieu Très-Haut, qui a livré tes ennemis entre tes mains ! Et  Abram lui donna la dîme de tout.1

Nous constatons donc que la dîme, qui consiste à donner 10% de ses richesses à Dieu, est un principe biblique très ancien, puisqu’il est même antérieur à la nation d’Israël proprement dite… Une seconde référence se trouve dans le même livre de la Genève, attestant une fois de plus de l’ancienneté de cette pratique. Dans le vingt-huitième chapitre se trouve relaté le séjour de Jacob à Béthel, alors appelé Louz. C’est à ce moment qu’il a la vision, durant la nuit, d’une échelle communiquant avec les cieux. Il dit alors au matin :

Jacob fit un voeu, en disant: Si Dieu est avec moi et me garde pendant ce voyage que je fais, s’il me donne du pain à manger et des habits pour  me vêtir,
et si je retourne en paix à la maison de mon père, alors l’Eternel sera  mon Dieu;
cette pierre, que j’ai dressée pour monument, sera la maison de Dieu; et je te donnerai la dîme de tout ce que tu me donneras.2
 
Les références suivantes apparaissent à partir du livre du Lévitique. Le rôle et le fonctionnement de la dîme tel que le pratiquait le peuple Hébreux y sont traités. Le but de la dîme y est expliqué :

Toute dîme de la terre, soit des récoltes de la terre, soit du fruit des  arbres, appartient à l’Eternel; c’est une chose consacrée à l’Eternel.3

La dîme concernait toutes les possessions de l’individu, en particulier son bétail, qui constituait sa source de revenus :

Toute dîme de gros et de menu bétail, de tout ce qui passe sous la  houlette, sera une dîme consacrée à l’Eternel.4

Et :

Tu lèveras la dîme de tout ce que produira ta semence, de ce que rapportera  ton champ chaque année.
5

 
La dîme était donc consacrée au Seigneur. Elle servait entre autre à entretenir les Lévites, une des tribus d’Israël qui était consacrée au service de l’Eternel et qui n’avait par conséquent pas hérité de terres en Israël comme les autres tribus (si ce n’est quelques villes) :

Je donne comme possession aux fils de Lévi toute dîme en Israël, pour le  service qu’ils font, le service de la tente d’assignation.
6
 
Et encore :

C’est  votre salaire pour le service que vous faites dans la tente d’assignation.7

           
Notons au passage que la dîme doit être prélevé "sur tout ce qu’il y aura de meilleur"8. Il s’agit en effet de consacrer une partie de ses possessions au Seigneur. Lui consacrer le rebut serait pour le moins mesquin…
 
La dîme est un principe qui peut paraître dur, mais elle est accompagnée d’une bénédiction à l’intention de ceux qui s’efforcent de la pratiquer, comme le mentionne le livre de Malachie :

Un homme trompe-t-il Dieu ? Car vous me trompez, Et vous dites: En quoi  t’avons-nous trompé ? Dans les dîmes et les offrandes.
Vous êtes frappés par la malédiction, Et vous me trompez, La nation tout entière !
Apportez à la maison du trésor toutes les dîmes, Afin qu’il y ait de la  nourriture dans ma maison; Mettez-moi de la sorte à l’épreuve, Dit  l’Eternel des armées. Et vous verrez si je n’ouvre pas pour vous les  écluses des cieux, Si je ne répands pas sur vous la bénédiction en  abondance.9


Les références scripturaires du Nouveau Testament

Lors de sa mission terrestre, le Christ a insisté sur le fait qu’il ne suffit pas de pratiquer extérieurement les commandements : il faut que cela s’accompagne d’un réel changement de cœur. C’est ce qu’il reproche aux pharisiens :

Malheur à vous, scribes et pharisiens hypocrites ! parce que vous payez la dîme de la menthe, de l’aneth et du cumin, et que vous laissez ce qui est plus important dans la loi, la justice, la miséricorde et la fidélité : c’est là ce qu’il fallait pratiquer, sans négliger les autres choses.10


Il leur reproche de ne pas faire preuve de justice, de miséricorde et de fidélité, en somme de ne vivre la religion que dans l’apparence. Il est clair qu’une pratique uniquement extérieure ne sert à rien. Cependant, si c’est effectivement la justice, la miséricorde et la fidélité "qu’il fallait pratiquer", il ne s’agit pas de s’en servir comme excuse pour ne pas pratiquer les autres commandements (comme la dîme) : "sans négliger les autres choses".

L’Eglise  primitive, celle qui a été organisée par le Christ et les premiers apôtres, pratiquait une loi plus forte que celle de la dîme. Ils mettaient tous leurs bien en commun. Ce principe est ce qu’on appelle de nos jours l’Ordre Uni. Le livre des Actes en parle :

Tous ceux qui croyaient étaient dans le même lieu, et ils avaient tout  en commun.
Ils vendaient leurs propriétés et leurs biens, et ils en partageaient le produit entre tous, selon les besoins de chacun.11

Ce principe correspond à l’exigence d’unité entre les membres de son Eglise qu’a formulée le Sauveur. En tant que peuple du Seigneur, nous devons vivre dans une certaine communion :

Je vous exhorte, frères, par le nom de notre Seigneur Jésus-Christ, à tenir tous un même langage, et à ne point avoir de divisions parmi vous,  mais à être parfaitement unis dans un même esprit et dans un même  sentiment. 12

Cette exhortation a été formulée de manière très forte par le Seigneur dans le livre des Doctrines et Alliances, recueil de révélations que les Saints des Derniers Jours considèrent comme inspirés :

Si vous n'êtes pas un, vous n'êtes pas de moi.13
 
En fait, une telle communion avait déjà été pratiqué auparavant, de manière ponctuelle. Nous apprenons ainsi que le peuple du patriarche Hénoch pratiquait ce principe :

Et le Seigneur appela son peuple SION, parce qu'il était d'un seul cœur et d'un seul esprit, et qu'il demeurait dans la justice; et il n'y avait pas de pauvres en son sein.14


Révélations modernes

A l’époque moderne, avec le Rétablissement de l’Eglise du Christ, le principe de la dîme est encore d’actualité. En fait, dans les premiers temps de l’Eglise rétablie, le Seigneur avait révélé l’Ordre Uni et souhaitait que les Saints vivent selon ce principe. Ceux qui y participaient donnaient à l’évêque leurs biens. Celui-ci redistribuait les biens à chacun, n’attribuant pas plus de terres à quelqu’un qu’il ne pouvait en exploiter. Les personnes exploitaient ces terres et ces biens, et reversaient l’excédent à ce qui était appelé le « magasin ». L’évêque devait gérer ce magasin afin de subvenir aux besoins des pauvres, de construire des routes, des églises, d’assurer l’enseignement, etc. Cependant un certain nombre de membres de l’Eglise ne suivirent pas pleinement ce principe : les Saints n’étaient pas encore prêts pour un tel système. Il fallut donc revenir au principe, plus faible, de la dîme.

La section 119 des Doctrines et Alliances explique le principe de la dîme tel qu’il est pratiqué actuellement. Cette révélation reçue le 8 juillet 1838 déclare :

Et après cela, ceux qui auront été ainsi dîmés payeront annuellement un dixième de tous leurs revenus; et ce sera pour eux une loi permanente à jamais, pour ma sainte prêtrise, dit le Seigneur.15

Conformément à l’étymologie latine du mot, decima, c’est-à-dire un dixième, la dîme consiste à donner un dixième de son revenu.
Ce dixième est donné à l’épiscopat. Il sert à bâtir de nouvelles chapelles mais aussi des temples :

En vérité, je vous dis que ma volonté est qu'une maison conforme au modèle que je vous ai donné me soit bâtie au pays de Sion. Oui, qu'elle soit bâtie rapidement par la dîme de mon peuple.16

Cette révélation commande aux Saints de bâtir un temple – une maison de Dieu – grâce à la dîme. Cet argent sert également à l’entraide pour les membres de l’Eglise qui sont dans le besoin, et pour des actions humanitaires. Il sert aussi à aider l’œuvre missionnaire et à organiser des activités etc. L’affectation des fonds est décidée par l’Eglise17 :

En vérité, ainsi dit le Seigneur, le temps est maintenant venu où leur affectation sera décidée par un conseil composé de la Première Présidence de mon Église, de l'évêque et de son conseil, et de mon grand conseil, et par ma propre voix que je leur ferai entendre, dit le Seigneur. J'ai dit. Amen.18

La dîme constitue un moyen de contribuer à édifier le Royaume de Dieu. En pratiquant ce principe, nous démontrons également que nos biens matériels sont pour nous moins important que les biens spirituels et que nous souhaitons faire avancer l’œuvre de Dieu. Ce principe n’est pas nouveau mais était au contraire pratiqué couramment dans l’Israël ancien, et son origine est encore antérieure si l’on se rappelle les références qui y sont faites dans la Genèse.


Le paiement des offrandes
par Joseph Bitanga

Processus

Pour payer ses offrandes, le membre remplit une petite fiche. Il y indique son nom, sa paroisse. Il précise la date, la somme versée et le mode de payement (chèque, espèces, virement). Cette fiche étant autocopiante, la fiche lui sert de reçu qu’il garde. Les deux copies sont introduites dans une enveloppe avec le règlement de la somme indiquée. L’enveloppe sur laquelle le membre a marqué son nom, est remise en main propre exclusivement à l’évêque ou à l’un de ses deux conseillers. Cette remise a lieu de manière discrète : il n’y a pas de quête publique.
Plus tard, l’évêque aidé par son greffier, enregistre les offrandes. Chaque enveloppe est ouverte et le contenu est vérifié. En cas d’erreur l’enveloppe est refermée et immédiatement retournée au donateur. Il y a erreur quand le montant ne correspond pas à ce qui est marqué sur la fiche, ou quand un chèque est mal rempli19. Après enregistrement, les sommes sont déposées à la banque, dans un compte régional. Il n’ est pas autorisé de garder de l’argent liquide ; il n’y a jamais de coffre-fort dans un bâtiment de l’Eglise.

L
a dîme est une affaire strictement personnelle : c’est au membre et à lui seul que revient la responsabilité de fixer la somme. Une fois par an le membre rencontre son évêque. Ensemble ils vérifient si les sommes enregistrées par l’évêque correspondent aux reçus gardés par le membre. Le membre déclare ensuite à l’évêque s’il a payé une dîme complète ou une dîme partielle. Il n’est pas demandé de justifier les dons versés ; par conséquent un évêque n’a pas le droit de demander un justificatif de revenus.


L’utilisation des offrandes

Les offrandes versées par les membres sont réparties en plusieurs catégories : dîme, dons de jeûne, œuvre missionnaire, fonds perpétuel d’entraide. Les fonds sont versés dans un compte régional qui regroupe plusieurs pieux. La gestion des fonds est mutualisée, le compte de chaque paroisse n’étant qu’une rubrique du compte régional. Ce système a pour but de favoriser l’entraide entre les paroisses. Les fonds sont répartis entre les programmes mondiaux et les besoins locaux.
Les dépenses mondiales sont déterminées par les autorités générales. Elles portent sur la construction des bâtiments (temples, salles de culte et bâtiments divers), l’impression des livres et de la documentation. Il faut rappeler que les manuels sont gratuits et les rares livres vendus le sont à un prix dérisoire. Par exemple Le Liahona, magazine officiel de l’Eglise (50 pages couleurs) coûte 15€ par an pour 12 numéros.

Les dépenses locales sont gérées par les services régionaux et par l’évêque. Sont pris en charges par les services administratifs les dépenses d’ordre général : l’eau, le téléphone, l’électricité, le mobilier et les fournitures, l’entretien des bâtiments. La paroisse transmet la facture au service concerné qui se charge de la régler directement. L’évêque gère les dépenses liées aux activités que la paroisse organise. Il reçoit une allocation budgétaire proportionnelle au nombre de membres qui assistent au culte le dimanche ; elle est versée chaque trimestre. En cas de dépassement de budget l’allocation suivante est diminuée. Ainsi le compte régional n’est jamais déficitaire vis-à-vis de la banque, et les dépenses correspondent aux besoins réels.


La politique de l’Eglise est de réduire autant que possible les dépenses de fonctionnement. Pour cela elle préfère soutenir des organisations déjà en place (Croix Rouge, Secours Catholique, etc.) plutôt que de créer une structure qui absorbera une partie des fonds. Dans le cas où une structure est indispensable, l’Eglise s’appuie sur le bénévolat des membres. Une autre règle que l’Eglise applique dans sa gestion est de ne dépenser que selon les besoins réels.

Bien que ce système très centralisé semble lourd, l’évêque dispose d’une marge de manœuvre non négligeable : c’est la paroisse qui gère son allocation en toute liberté, la seule contrainte étant de ne pas avoir de solde négatif. D’autre part les règles de gestion permettent des adaptations qui dépendent de la situation de la cellule : pieux ou districts, paroisses ou branches… Enfin tout responsable qui gère les finances de l’Eglise doit considérer ces fonds comme étant sacrés et consacrés, car ils ne nous appartiennent pas mais à Dieu uniquement.


Conclusion : La signification de la dîme
par Juhd Francilette

La dîme est une manière de dire merci à Dieu, une façon d'exprimer notre reconnaissance pour tout ce qu'il fait pour nous permettre de réaliser son oeuvre.
C'est aussi un moment pour le fidèle de participer à l'édification de l'Eglise sur terre. Par la dîme, les membres de l'Eglise son fiers de participer a l’œuvre missionnaire, à l'établissement de nouvelles chapelles et temple, à l'expansion de l'Eglise pour ainsi porter la bonne nouvelle à tous les peuples. Dieu a révélé la loi de la dîme à Joseph Smith pour son Eglise rétablie dans D&A 119. Le Seigneur avait précédemment donné à l'Eglise la loi de consécration et d'intendance des biens, que les membres (principalement les dirigeants) contractèrent par une alliance qui devait être éternelle. Beaucoup n'ayant pas respecté cette alliance, le Seigneur la retira pendant un certain temps et donna à sa place la loi de la dîme à l'église entière. Le prophète demanda au Seigneur quelle proportion de leurs biens il exigeait pour les buts sacrés.

Certaines communautés affirment que le Nouveau Testament militait contre la dîme des 10% et fait partie de la Loi de Moïse accomplie en Jésus. Mais il serait en  contradiction flagrante avec l’Ancien Testament. Voyez particulièrement  Malachie 3:8-10. La loi de la dîme ne faisait pas partie de la loi de Moise accomplie en Jésus. Elle lui était antérieure, comme le montrent Genèse 14:20 et 28:22.

Il semble que le Seigneur ait eu en vue deux objectifs majeurs en donnant à son Église la loi de la dîme en ces derniers jours : Premièrement, c'est la manière la plus équitable de financer son Église, car le fardeau est réparti selon les possibilités pécuniaires de chacun, et l'obole de la veuve est égale à la pièce d'or du riche. Deuxièmement, c'est une façon d'éprouver la foi de son peuple, car l'obéissance à la loi de la dîme s'accompagne d'une bénédiction. C'est donc, de la part du Seigneur, une loi de bénédiction pour son peuple.20

La loi de la dîme est parfois la raison à laquelle un membre éprouve des difficultés. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une collecte publique, payer la dîme implique quelque fois, pour les membres ayant de faibles ou moyens revenus, de se priver de certains désirs et d'être méticuleux dans la gestion de leur budget.


Témoignages

Erectous21

Payer la dîme n'induit pas automatiquement la prospérité matérielle. Elle est le signe d'attachement que nous portons au Seigneur. Elle manifeste notre foi. Le développement spirituel est plus important que l'ascension sociale. Je suis personnellement issu de la classe sociale la moins favorisée et, après deux licenciements, j'ai changé de métier pour avoir un petit boulot par intérim. Il serait possible de dire qu'actuellement je suis assez bloqué au sens de la prospérité matérielle. Je considère que Dieu n'a pas dit son dernier mot en ce qui me concerne. Par contre sur le plan spirituel et émotionnel je me trouve comblé.


J'aurais souhaité pour que mon témoignage soit tout à fait sincère, que ma vie soit moins précaire. Je suis obligé de me forcer à la reconnaissance par comparaison à la misère qui nous environne alors que j'aurais préféré qu'après plus de trente ans de fidélité au commandement de la dîme ma vie fût plus tranquille sur le plan matériel. L'angoisse de la précarité me dérange, mais il me semble qu'à notre époque il s'agit du lot de la plupart des gens.


Marie22

Je n'écris que très rarement, ayant du mal a taper, mais la je me permet d'intervenir faisant partit des personnes qui ont payé la dîme, qui en ont été très révolté; et malgrès que je ne vais plus à l'église a postériori j'ai aujourd'hui compris la "sagesse" de la loi de la dîme

Je me suis trouvée dans le cas que cite certains où payer la dîme me semblait impossible financièrement, et donc où c'était un créve coeur chaque mois de devoir sortir cet argent. J'ai été obligée de faire des dettes pour pouvoir payer, et de vendre les ordinateurs, les jouets des enfants, etc... Les évéques ne sont pas toujours inspirés malheureusement !!!

A l'époque, je ne ressentais que révolte et rebellion, car j'avais "joué le jeu" de la dîme, mais les "écluses des cieux" ne s'étaient pas ouvertes pour moi.

Et maintenant, 15 ans après, ma vie ayant complétement changé, je comprends mieux comment on peut donner 10%, ou même plus, et être une famille prospère malgré un revenu minuscule.

J'avais tout simplement confondu "désirs" et "besoins". La maladie ne me permettant plus de satisfaire a tous mes désirs immédiats, je me concentre dont sur les besoins essentiels de l'existence.

Au lieu de couvrir mes enfants de cadeaux chers et inutiles, je redouble d'affections pour eux ; nous parlons longuement ensembles, faisons des jeux de société au lieu d'être collés devant la télé ; nous prenons véritablement en compte leurs besoins...

Au lieu d'aller nous enfermer dans une salle de cinéma pour voir des films plus ou moins corrects, nous invitons nos voisins devant un gateau fait maison par mes filles et passons un moment d'échange bien plus enrichissant...

Au lieu de courir les soldes et d'acheter des tonnes de vétements, nous nous contentons de vêtements classiques qui ne se démodent pas et que nous nous remettons au goût du jour par quelques broderies ou autres....

Nous avons retrouvé le bon sens de mon grand père qui disait : "Avant de dépenser, réfléchis bien et vois si tu ne peux pas t'en passer."

Et j'ai compris !!!

Bien sur si l'on veut vivre comme le "monde" automatiquement on ne peut pas vivre la loi de la dîme, car un salaire n'est pas extensible ; si l'on veut comme le monde partir en vacances, aller au ciné, avoir des habits de marques, sortir, faire la fête, alors là... pas possible.

Mais la Bible nous demande de ne pas faire partie du "monde", alors si l'on veut bien remplacer désirs fugaces par amour et présence dans la famille, tout change...

Même au niveau de la nourriture nous dépensons moitié moins, car nous ne faisons plus des achats par impulsion avec un caddy sans cervelle, mais nous impliquons toute la famille. La soirrée avant les courses, nous demandons aux filles ce qu'elles aimeraient manger et nous faisons le menu. Au besoin nous leur expliquons qu'il n'est pas très raisonnable de vouloir manger des fraises au mois de décembre, vu le prix mais que par contre les cléméntines sont excellentes en ce moment. Nous faisons donc une liste de courses, réfléchie et collant au plus près de nos besoins. Mes filles sont d'autant plus responsabilisées qu'elle y vont seules avec mon mari, ne pouvant pas moi-même me déplacer...

La maladie m'a appris ce qui était important et ce qui était supperflux. J'en rends grâce au Seigneur chaque jour et ne voudrait échanger ma place pour rien au monde, et surtout ne pas retourner en arrière où mon esprit n'était que révolte et où je ne comprennais pas la responsabilité que nous avions en tant qu'Etre humains et parents à ne pas vivre au dessus de nos moyens.

Maintenant, avec le même budget qu'avant, nous avons bien plus que 10% de restes... Nous donnons à plusieurs associations carritatives ; nous aidons nos voisins dans le besoin, et notre épargne augmente.

Je ne peux plus aller à l'église mais je sais maintenant que si je le pouvais, cette loi de la dime ne me poserait plus de problème, mais serais au contraire une bénédiction.

Voilà, j'ai juste voulu donner mon témoignage, m'étant trouvée un peu du coté des deux opinions données précédemment23 et en en ayant tirée une leçon.

Je vous souhaites a tous une bonne année, sachant que nous devons nous rappeler que nous devons faire la volonté du Seigneur et non la nôtre.

Notes & références

1
  Genèse 14:18-20, La Bible, caractères gras ajoutés.
2
  Genèse 28:20-22, La Bible, caractères gras ajoutés.
3
  Lévitique 27:30, La Bible, caractères gras ajoutés.
4
  Lévitique 27:32, La Bible, caractères gras ajoutés.
5
  Deutéronome 14:22, La Bible.
6
  Nombres 18:21, La Bible.
7
  Nombres 18:31, La Bible.
8
  Nombres 18:29, La Bible, caractères gras ajoutés.
9
  Malachie 3:8-10, La Bible, caractères gras ajoutés.
10
  Matthieu 23:23, La Bible, caractères gras ajoutés.
11
  Actes 2:44-45, La Bible, caractères gras ajoutés.
12
  1 Corinthiens 1:10, La Bible, caractères gras ajoutés.
13
  Section 38:27, Doctrine & Alliances.
14
  Moïse 7:18, La Perle de Grand Prix, caractères gras ajoutés.
15
  Section 119 :4, Doctrine & Alliances, caractères gras ajoutés.
16
  Section 97 :10-11, Doctrine & Alliances, caractères gras ajoutés
17
  Pour davantage de détails en ce qui concerne la répartition des fonds, lire l'article suivant de Joseph Bitanga.
18
  Section 120, Doctrine & Alliances, caractères gras ajoutés.
19 D'autres moyens de versements existent en fonction des pays où est implanté l'Eglise. En Suisse, par exemple, les versements de dîme peuvent se faire par virement ou versement postal, ou encore par virement bancaire.
20 Voir : LG. Richard, Une oeuvre merveilleuse et un prodige, chapitre 26.
21 Pseudonyme de forum.
22 Pseudonyme de forum.
23 Ce témoignage a été rendu par Marie à la suite d'une polémique et de débats sur la question de la dîme, dans le forum de SDJ-Mormons.


Première publication :
23 juillet 2008
Dernière mise-à-jour : 
23 juillet 2008


Autres liens à consulter sur ce sujet

La loi de la dîme - sur Mormon.org.




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